Gilles et Guillaume Margot-Duclot architectes associés

 

 

Maître d'Ouvrage:

Ville d'Oslo, Norvège

 

 

Architectes associés:

A. Brunet et D. Gratio architectes

Adresse:

Rädhusplassen

Oslo, Norvège

 

Surface HO :

muséographie 30.500 m²

Budget estimé:

100.000.000 €

Phase:

concours (2009)

Oslo NOMAAD

restructuration d'une plateforme pétrolière en musée national d'art, d'architecture et de design (NOMAAD)


Nous sommes dans une période de grands changements de pensées face aux crises écologiques, économiques et urbaines, il se pourrait que nous trouvions de nouvelles approches programmatiques et conceptuelles dans ces réponses.

 

Il se pourrait que nous trouvions une nouvelle manière d’envisager l’impact du bâtiment, son empreinte physique mais aussi sociologique, culturelle, locale et globale.

 

Il se pourrait que nous trouvions quelques innovations stratégiques en phase avec les préoccupations contemporaines. Des innovations basées sur la simple observation des mutations actuelles.

Voici l’une de ces stratégies.

 

OBSERVATIONS

1/ Oslo est une ville dont la qualité de vie résulte en grande partie de son rapport à la nature omniprésente. Ceci est dû notamment à sa situation géographique, entre fjord et forêts, mais aussi à la volonté de conserver au sein même du tissu urbain des parcs de grandes qualités. Ceci a pour conséquence la rareté et par conséquent le prix élevé des terrains disponibles.

 

2/ implanter un programme culturel comme un musée implique des coûts de construction élevés. Pour un musée de cette ampleur (30 000 m²), nous l’estimons entre 95 M€et 135 M€.

 

3/ Plus généralement, partout dans le monde, pendant que nous construisons des bâtiments, d’autres, simplement hors d’usage, sont laissés à l’abandon ou détruits. En cherchant bien, il existe cependant des bâtiments désaffectés qui pourraient être démontés pour servir à nouveau. Des bâtiments dont les structures, en particulier, peuvent être réemployés.

 

STRATÉGIE

Toutes ces observations nous ont poussé à voir autrement la question posée par le programme.

 

En effet, nous pensons que pour concevoir un bâtiment durable, deux options s’envisagent:

 

A / Soit faire un bâtiment transformable dont la conception intègre le changement d’usage futur

B / soit faire un bâtiment qui soit le résultat de la  transformation d’un bâtiment existant

C’est cette deuxième option que nous avons retenue.

 

UNE PLATEFORME PÉTROLIÈRE EN FIN DE VIE

Nous nous sommes aperçus que leurs structures, étaient parfaitement dimensionnées pour permettre d’organiser de grands espaces d’expositions. Les éléments porteurs sont en nombres restreints pour permettre une flexibilité optimale des cloisonnements.

 

Il est possible de les déplacer facilement jusqu’à Oslo, soit en remorquant l’intégralité de la plateforme, soit en séparant la superstructure des piles en béton puis en les transportant par supertankers.

 

Première économie: réemployer une structure plutôt que de construire un bâtiment neuf.

 

Une fois en possession de la structure, deux possibilités nous sont offertes:

A/ Rapatrier la structure sur le site du musée

B/ Placer la structure dans le fjord à proximité du site, gagnant sur la mer un nouveau territoire.

Nous avons choisi cette dernière solution.

 

En libérant ainsi le site de la construction du musée, nous économisons le terrain prévu initialement pour permettre d’y implanter un nouveau programme.

 

C’est une deuxième économie

 

Un îlot aux usages mixtes peut être bâti, mêlant commerces et logements, cité des arts, bureaux ou petits équipements. Une dynamique est créée par la double opportunité d’une nouvelle offre programmatique et de la complémentarité de deux situations urbaines contrastées.

 

LE NOUVEAU MUSÉE

Entre ciel et terre, le musée inspire une impression de déjà-vu sans jamais s’en être approché, c’est un imaginaire collectif devenu réalité par sa mutation. Petit à petit, en s’approchant, on comprend que ce bâtiment détourné, composé de deux plateformes, permet toutes les interventions artistiques, fait partie intégrante du dispositif muséographique. Toutes ses façades sont exploitées: toitures, terrasses, sous-faces. Tout peut s’imaginer car c’est un objet avec lequel les artistes peuvent jouer.

 

On assiste à un dialogue permanent entre la nature, les espaces publics et le bâtiment. Mais plus encore, nous disposons d’un musée emblématique.

Un bâtiment dont la construction procède d’une démarche qui économise la matière et l’énergie.

 

Environnemental, culturel, iconique pour une ville et un pays qui s’apprêtent à prendre le tournant des prochaines évolutions énergétiques et économiques, ce bâtiment n’est pas un musée de plus. C’est une œuvre symbolique de la prise de conscience de l’urgence.

 

Transformer c’est durer.